Douleur d'épaule et limitation d'abduction chez femme 50 ans
Patient 52 ans, femme — Consultation d'orthopédie. Durée standard ECOS : 8 minutes.
Briefing examinateur
Madame Béatrice L., 52 ans, se présente pour une douleur d'épaule droite depuis 2 mois, aggravée la nuit et limitant progressivement l'abduction. Elle est coiffeuse depuis 30 ans. Absence de traumatisme mémorié. Elle rapporte une gêne fonctionnelle croissante pour enfiler ses vêtements et travailler. Vous devez établir un diagnostic et proposer une prise en charge initiale.
Script patient (réservé examinateur)
Ce briefing détaillé est masqué côté étudiant pendant l'épreuve. Il est révélé après tentative dans la simulation interactive.
Afficher le script patient
Vous êtes Mme Béatrice L., 52 ans, coiffeuse depuis 30 ans. Il y a environ 2 mois, vous avez ressenti une douleur d'épaule droite, qui a débuté insidieusement. Vous ne vous rappelez pas d'un choc ou d'une chute (si l'étudiant insiste, vous confirmez: non, rien de traumatique). La douleur s'aggrave surtout la nuit, quand vous vous allongez sur cet épaule. Elle irradie vers le bras jusqu'à mi-bras. Vous avez de la difficulté à lever le bras vers le haut pour peigner ou faire certains gestes au travail. La douleur est plus mécanique: elle augmente après l'effort et diminue au repos. Vous n'avez pas d'antécédents d'épaule avant. Vous prenez de l'ibuprofène depuis 15 jours avec un léger soulagement. Vous n'avez pas d'autres douleurs, pas de fièvre, pas de gonflement visible. Vos antécédents: HTA bien équilibrée, pas de diabète. Vous travaillez beaucoup avec les bras en abduction. Si on vous demande: douleur plus la nuit (vrai), irradiation vers le coude (vrai), perte d'amplitude en abduction active (vrai, mais amplitude passive conservée tant bien que mal). Vous êtes légèrement angoissée à l'idée d'une rupture.
Anamnèse attendue
- Ancienneté, mode de début (insidieux ou traumatique?), facteur déclencheur
- Caractère de la douleur: topographie, irradiation, paroxysmal ou permanent
- Facteurs aggravants: abduction, rotation interne/externe, position couchée
- Facteurs calmants: repos, glaçage, antalgiques
- Gêne fonctionnelle: gestes quotidiens, activités impossibles
- Antécédents d'épaule, traumatismes anciens
- Profession et gestes répétitifs
- Contexte systémique: fièvre, perte de poids, antécédent rhumatismal
- Signes neurologiques associés: paresthésies, atrophie musculaire
Examen clinique attendu
- Inspection: déformation, asymétrie, amyotrophie supra/sous-épineuse
- Palpation: points douloureux (sus-épineux, sous-épineux, tendon long biceps), crépitations
- Amplitude articulaire ACTIVE et PASSIVE: abduction, rotations interne/externe
- Signes cliniques spécifiques: test de Jobe (abduction contre résistance 90°), test de Neer (conflit antérieur), test de Hawkins (rotations internes douleur en 90° abduction)
- Testing musculaire: sus-épineux, sous-épineux, infraépineux
- Signes neurovasculaires: pouls, sensibilité, réflexes
- Examen cervical: règle un syndrome radiculaire C5-C6
Paraclinique justifiée
- Radiographies épaule: trois incidences (de face, profil Y, axillaire) pour éliminer arthrose, calcifications, subluxation
- Échographie épaule: examen de première intention, sensibilité 73-87% pour rupture paroi coiffe, tendinopathie, épanchement
- IRM épaule: seulement si rupture suspectée ou pour prise de décision chirurgicale (si elle ne cède pas au traitement médical >3 mois)
Diagnostic attendu
Syndrome sous-acromial avec tendinopathie probable du sus-épineux, possiblement rupture partielle (si test de Jobe très faible et imagerie concordante). Le diagnostic repose sur: (1) présentation clinique mécanique, (2) limitation d'abduction active contrastant avec amplitude passive préservée, (3) positivité des tests cliniques (Jobe, Neer, Hawkins), (4) imagerie (RX normale, échographie montrant tendinopathie ± rupture). Diagnostics différentiels: capsulite rétractile (mais amplitude passive limitée aussi), arthrose glénohumérale (RX pathologique), syndrome radiculaire cervical (examen neuro anormal).
Prise en charge attendue
**Traitement médical initial (1ère intention, 6-8 semaines)**:
- Repos relatif, éviction des gestes d'abduction répétitif
- Anti-inflammatoires (ibuprofène 400 mg x 3/j ou naproxène 500 mg x 2/j, 10-14 j)
- Glaçage 15 min x 3/j
- Rééducation kiné: renforcement coiffe, maintien amplitude, travail scapulaire
**Imagerie**:
- RX épaule pour éliminer étiologie osseuse
- Échographie ou IRM si persistance >4 semaines
**Escalade thérapeutique si échec médical >6 semaines**:
- Infiltration corticostéroïde sous-acromiale (guidée par imagerie)
- Réévaluation IRM
- Avis chirurgical si rupture symptomatique ou persistance >3 mois
**Prévention**: adaptation du poste, étirement régulier, renforcement musculaire à long terme.
Items R2C couverts
- Item 328 - Douleurs d'épaule: diagnostic clinique et traitement
- Item 329 - Pathologie de la coiffe des rotateurs
- Item 165 - Conflit sous-acromial et syndrome de conflit
Pièges classiques
- Prescrire une imagerie (IRM) d'emblée sans examen clinique structuré et sans essai thérapeutique médical d'abord
- Oublier de tester l'amplitude passive (clé pour différencier tendinopathie de capsulite)
- Ne pas faire les tests cliniques spécifiques (Jobe, Neer, Hawkins) qui ont une bonne spécificité
- Confondre douleur d'épaule mécanique avec syndrome radiculaire cervical sans examen neuro complet
- Conseiller immédiatement l'arrêt du travail ou une intervention chirurgicale; débuter par du médical
Lance la simulation interactive
Avec Amélie, joue le rôle de l'étudiant en face de ce patient simulé. Elle commente en direct ton anamnèse, ton examen, ton diagnostic et ta prise en charge. Conforme grille R2C officielle.
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